Les conques musicales

Les  conques musicales, compagnes de l’histoire de l’humanité

Introduction 

Partout sur la planète, des gastéropodes de grande taille (par ex. Charonia/Triton, Turbinella/Shankha, Strombus/Busycon, Cassis) ont été transformés en trompettes rituelles. Le procédé est convergent : percement de l’apex (ou d’un flanc) pour créer l’embouchure, polissage du bord, parfois ajout d’un embout (bois, bambou, os, métal) et de ligatures. 

 

Leur symbolique associe la voix/son du divin, l’eau et la fertilité, la souveraineté et l’appel (processions, vigiles, annonces, guerre). En Mésoamérique et dans les Andes, les conques apparaissent dans les contextes rituels (Mayas, Aztèques, Incas, Taíno). En Asie, elles sont centrales dans l’hindouisme (śaṅkha), le bouddhisme (dung dkar, « conque blanche à dextre »), le shugendō/shintō (horagai) et certaines traditions de cour (nagak coréen). 

 

La figure 1 présente un tableau synthèse. Dans une chronique récente, nous avons développé les trompettes des Civilisations précolombiennes des Andes et de Mésoamérique.  Dans la présente chronique nous concentrerons notre attention sur le shanka qui représente un bon modèle représentatif des conques musicales. Nous présenterons aussi l’ancêtre de toutes ces conques musicales.  

  1. Un son venu du passé : La conque paléolithique de Marsoulas

1.1 Contexte archéologique 

Découverte en 1931 dans la grotte ornée de Marsoulas (Haute-Garonne, France), la conque étudiée mesure 31 cm de long et appartient à un horizon magdalénien daté d’environ 18 000 ans (figure 2). Initialement interprétée comme un simple récipient (« vase à eau »), elle a été conservée comme telle dans les collections du Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse jusqu’à une réévaluation récente. Ce n’est qu’en 2018, lors d’un inventaire approfondi, que sa véritable fonction fut redéterminée. 

 

1.2 Indices de transformation anthropique 

L’examen macroscopique et l’imagerie numérique 3D ont mis en évidence plusieurs modifications volontaires effectuées sur la coquille par les Magdaléniens : 

  • La pointe du coquillage a été sectionnée afin de créer un orifice d’insufflation. 
  • Le bord externe du pavillon a été retaillé pour en réduire l’ouverture. 
  • Un second orifice interne a été identifié, suggérant la présence probable d’une embouchure amovible, possiblement en os d’oiseau. 

Ces interventions témoignent d’une intention claire de transformer la coquille en véritable aérophone. 

 

1.3 Expérimentation sonore 

Un musicien spécialisé (corniste) a réussi à produire trois notes distinctes (do, do dièse et ré) à partir de l’instrument, révélant son efficacité acoustique. Les sons obtenus se caractérisent par une intensité importante et une profondeur tonale remarquable. Avec audiodescription – La conque de Marsoulas – Numéro d’inventaire #2 . Ce résultat corrobore l’hypothèse d’une utilisation musicale et non utilitaire de l’objet. 

 

1.4 Comparaison et importance culturelle 

La conque de Marsoulas constitue, à ce jour, la plus ancienne conque musicale connue. Le plus vieil instrument à vent identifié auparavant était une flûte en os de vautour, datée d’environ 40 000 ans. La découverte de Marsoulas enrichit donc considérablement notre connaissance des pratiques musicales paléolithiques, en y ajoutant un instrument issu du registre marin. 

L’usage exact demeure incertain ; cependant, la puissance sonore produite suggère une fonction cérémonielle, probablement en lien avec des rituels collectifs dans la grotte ornée. 

 

1.5 Perspectives de recherche 

Afin de préserver l’intégrité de l’objet, de futures expérimentations s’appuient sur une reproduction réalisée en impression 3D. Celle-ci permettra d’explorer plus largement la gamme musicale potentielle et d’évaluer les conditions d’utilisation dans un contexte acoustique similaire à celui de la grotte. 

Ainsi, cet artefact se révèle être un témoin exceptionnel de la créativité technique et symbolique des Magdaléniens, associant l’exploitation de ressources naturelles marines à des pratiques culturelles complexes. 

 

2.Le Saṅkha hindou (Inde, Antiquité → actuel) 

2.1 Introduction 

Le shankha (sanskrit : शङ्ख, romanisé : śaṅkha, littéralement « conque ») occupe une place fondamentale dans l’hindouisme et le bouddhisme. Dans l’hindouisme, la conque Panchajanya est considérée comme l’emblème sacré du dieu Vishnou. Elle est toujours employée comme trompette rituelle et, dans le passé, servait également de trompette de guerre. Les textes sacrés louent le shankha comme source de renommée, de longévité et de prospérité, purificateur des péchés et demeure de la déesse Lakshmi, compagne de Vishnou. Le shankha est aussi un symbole d’eau, de fécondité féminine et associé aux serpents (nāgas). Dans le bouddhisme, il figure parmi les huit symboles auspicieux (ashtamangala), représentant le son universel de la doctrine. 

2.2 Caractéristiques 

Le shankha provient le plus souvent de la coquille du grand gastéropode marin Turbinella pyrum (figure 3) (famille des Turbinellidae), vivant dans l’océan Indien et les mers avoisinantes. Sa coquille, épaisse et luisante comme la porcelaine, est dure et translucide. Elle peut aussi être obtenue à partir d’autres grands gastéropodes marins dont l’extrémité est percée pour former l’embouchure. La coquille présente une forme conique ou oblongue, avec un canal siphonal spiralé et une spire torsadée. Sa surface externe est terne, fragile et tuberculée, tandis que l’intérieur est creux et extrêmement lisse et brillant. Dans l’hindouisme, les exemplaires blancs, lourds et effilés sont particulièrement recherchés (figures 4 à 6). 

2.3 Types 

On distingue deux grandes variétés de shankha selon le sens de l’enroulement de leur spire :
– Le *Vāmavarta shankha* (ou *Edampuri* en tamoul), tourné vers la gauche, est la forme la plus commune. Il symbolise l’inversion des lois de la nature et est associé à Shiva.
– Le *Dakshinavarta shankha* (ou *Valampuri*), extrêmement rare, présente une spire tournée vers la droite. Il est considéré comme hautement sacré, symbole de l’espace infini et demeure de Lakshmi. Utilisé pour des rituels de purification, il est aussi réputé en médecine ayurvédique. Ce type de shankha présente souvent trois à sept crêtes visibles le long de l’ouverture et de la columelle, et sa spirale est comparée aux mèches de cheveux bouclées de Bouddha. Selon les Purānas, se baigner avec un *Dakshinavarta shankha* libère des péchés et apporte prospérité et longévité. 

 

2.4 Usages 

Les plus anciennes mentions du shankha le décrivent comme une trompette, devenue un emblème de Vishnou. Parallèlement, il servait d’offrande votive et de talisman marin. Il est considéré comme la première manifestation sonore des éléments. L’embouchure est percée à la pointe de la spire : l’air soufflé produit un son aigu et perçant appelé *shankhanād*, utilisé jadis pour rassembler les troupes au combat. Aujourd’hui, le shankha est soufflé dans les temples et foyers hindous lors des rituels (aarti, ablutions des idoles, purification). Dans les rites tantriques, il est également associé à la fécondité féminine en raison de son origine aquatique et de sa forme. Enfin, sa matière sert à confectionner des bracelets et objets rituels. 

 

2.5 Ayurveda 

En médecine ayurvédique, la coquille du shankha est réduite en poudre après calcination : le *shankha bhasma*. Préparé en immergeant la coquille dans du jus de citron, puis en la calcinant à plusieurs reprises, on obtient une cendre riche en calcium, fer et magnésium. Elle est réputée posséder des propriétés antiacides et digestives, employée contre les troubles gastriques. 

 

2.6 Signification 

Le son du shankha est assimilé au son sacré Om. Vishnou tenant la conque symbolise son rôle de dieu du son. Selon les Purānas, verser de l’eau à travers un shankha équivaut à se purifier dans toutes les eaux sacrées. Sa simple vue est censée dissiper les péchés comme le soleil dissipe le brouillard. Dans le bouddhisme tibétain, la conque blanche est l’un des huit symboles auspicieux, représentant le son profond et pénétrant du Dharma qui réveille les êtres de l’ignorance. 

 

2.7 Iconographie hindoue 

Le shankha est l’un des quatre attributs majeurs de Vishnou, représenté dans sa main gauche supérieure, tandis que ses autres mains tiennent le chakra, la masse et le lotus. Ses avatars, tels que Matsya, Kurma, Varaha et Narasimha, sont également figurés avec une conque. Krishna possède la Panchajanya. D’autres divinités (Surya, Indra, Kartikeya, Durga, Vaishnavi, Lakshmi) sont aussi représentées tenant un shankha. Dans l’art, le shankha est omniprésent sur les piliers, gopurams et bas-reliefs des temples. La ville de Puri est même conceptualisée comme une conque sacrée. 

 

2.8 Mythologie hindoue 

Selon les Purānas, les conques naquirent des cendres d’asuras consumés par le trident de Shiva. Le shankha est considéré comme le frère de Lakshmi, tous deux nés de l’océan. Le démon Shankhasura fut vaincu par l’avatar Matsya de Vishnou. La Panchajanya est l’un des objets apparus lors du barattage de l’océan primordial. Dans la Bhagavad-Gītā, chaque héros du Mahābhārata possède sa conque : Krishna la Panchajanya, Arjuna la Devadatta, Bhima la Paundram, etc. Leurs sonneries retentissent pour annoncer la bataille de Kurukshetra. 

 

2.9 Association avec les Nāgas 

En raison de son lien avec l’eau, le shankha est souvent associé aux nāgas (serpents mythiques). Dans les textes (Mahābhārata, Harivaṃśa, Purānas), plusieurs nāgas portent le nom Shankha ou Shankhapala. Des légendes rapportent qu’un serpent sortit d’une conque soufflée lors d’un rituel, demandant à être adoré comme Nāga Devata. Ces récits sont encore vivants dans l’Himachal Pradesh. 

   

  1. Les grandes traditions de conques musicales dans le monde

 

3.1. Les pututus andins (Pérou, ~1000–500 av. n. è.) 

À Chavín de Huántar, haut lieu cérémoniel des Andes péruviennes, les archéologues ont découvert plus de vingt conques marines du genre Strombus, connues sous le nom de pututus (figure 7). Ces instruments, polis et parfois gravés de motifs symboliques, présentent un perçage de l’apex permettant leur utilisation comme trompes. Les études d’archéo-acoustique ont démontré que les galeries souterraines de Chavín possédaient des propriétés de résonance uniques : les sons graves et puissants des pututus y résonnaient de manière spectaculaire, produisant des effets sensoriels impressionnants. Leur usage dépassait la simple fonction musicale pour devenir une expérience rituelle immersive, participant à la construction d’une atmosphère mystique et à la mise en scène du pouvoir religieux des prêtres de Chavín, comparable aux Incas (figure 8). 

 

3.2. Les trompettes hom mayas (Mésoamérique, Classique, 250–400) 

Chez les Mayas, les grandes conques marines, notamment Strombus gigas et Pleuroploca gigantea, étaient transformées en trompettes appelées hom (figure 9 à 11). Ces instruments apparaissent fréquemment dans l’iconographie, qu’il s’agisse de peintures murales, de codex ou de stèles. Leurs sons, assimilés aux grondements du tonnerre et aux souffles des divinités du vent, étaient considérés comme une médiation avec les forces cosmiques. Les hom servaient lors des rituels religieux, mais aussi comme marqueurs de pouvoir dans les cérémonies politiques. Leur fabrication comprenait le perçage de l’apex et parfois l’ajout de trous latéraux pour produire des variations sonores. Ces conques symbolisaient à la fois la voix des dieux et l’autorité des élites mayas. 

 

3.3. Conques rituelles de l’Ouest du Mexique (~300 av.–300 apr.) 

Dans l’Ouest du Mexique, la tradition des tombes à puits a livré de nombreux exemplaires de trompes en conques, parfois par centaines dans un même site, comme à Las Cebollas, où plus de 125 instruments ont été recensés. Ces conques, issues de plusieurs espèces de Strombus, étaient modifiées par perçage et décorées de peintures ou de motifs symboliques. Leur abondance dans des contextes funéraires et rituels suggère une dimension communautaire et chamanique. Elles accompagnaient probablement les cérémonies liées au passage dans l’au-delà et incarnaient un lien sonore avec les ancêtres et les divinités. 

 

3.4 Le horagai japonais (VIIIe siècle → actuel) 

Le horagai est une trompe japonaise réalisée à partir de la conque Charonia tritonis. Introduit au VIIIe siècle avec le bouddhisme ésotérique, il fut adopté par les ascètes yamabushi du shugendō comme instrument rituel et outil de communication dans les montagnes (figure 12 et 13). Il servait à rythmer les prières et à marquer des signaux sonores au sein des vallées. Au cours de la période Muromachi, il fut intégré aux usages militaires sous le nom de jinkai. Les seigneurs féodaux recrutaient des spécialistes, souvent des yamabushi, pour jouer du horagai en coordination avec les tambours taiko afin de diriger les troupes. Fabriqué avec une embouchure en bambou ou en métal, parfois richement décoré et entouré de filets, il est encore utilisé aujourd’hui dans certaines cérémonies bouddhistes et dans la musique traditionnelle japonaise. 

 

3.5. Le nagak coréen (Goryeo → actuel) 

Le nagak, appelé aussi na, sora ou godong, est une trompe coréenne confectionnée à partir d’une grande conque du genre Charonia. Utilisé principalement dans la musique militaire de procession, le daechwita, il ne produit qu’un seul son puissant. L’embouchure est obtenue en perçant l’apex et en y insérant un bec. Les sources indiquent son usage dès la dynastie de Goryeo. Sa taille varie selon la conque employée et il pouvait être décoré de tissus colorés ou de peintures. Le nagak demeure aujourd’hui un élément symbolique du patrimoine musical coréen, notamment dans les ensembles du National GugakCenter. 

 

3.6. Le pūtātara maori (Nouvelle-Zélande) 

Chez les Maoris de Nouvelle-Zélande, le pūtātara est une trompe rituelle associant une conque locale, Charonia lampas rubicunda, à un embout en bois sculpté. Utilisé lors des cérémonies d’accueil, le pōwhiri, il annonçait l’arrivée d’invités et revêtait une dimension protocolaire et identitaire. Le bois sculpté, souvent orné de motifs traditionnels, renforçait la valeur symbolique de l’instrument. Aujourd’hui encore, le pūtātara est utilisé dans les cérémonies culturelles maories, témoignant de la continuité des traditions sonores océaniennes (figure 14). 

 

3.7. Le hakgediya sri-lankais 

Au Sri Lanka, le hakgediya est une conque rituelle fabriquée à partir de Turbinella pyrum, comparable au śaṅkha indien. Elle est intégrée aux rituels bouddhistes du theravāda, en particulier dans les processions et au Temple de la Dent à Kandy. Jouée en accompagnement des percussions de l’orchestre Hēwisi, elle ouvre et ponctue les cérémonies religieuses. Décorée de tissus ou de peintures, elle symbolise le son auspicial et sacré. Le hakgediya illustre ainsi l’intégration des conques dans les traditions liturgiques de l’océan Indien, où elles conservent un rôle spirituel majeur. 

 

3.8 Interprétation et portée culturelle 

De Marsoulas aux Andes, de l’Inde au Japon, de la Corée à la Nouvelle-Zélande et au Sri Lanka, les conques témoignent d’une étonnante convergence culturelle. Partout, elles ont été transformées en instruments sonores puissants, porteurs de dimensions rituelles, militaires et identitaires. Le souffle humain, amplifié par la spirale de la coquille, devient une voix divine ou ancestrale, capable de relier les hommes aux forces invisibles. Ces traditions confirment que le son, dans sa puissance matérielle et symbolique, est un élément universel des pratiques spirituelles et sociales. 

 

  1. Conclusion générale

Des grottes paléolithiques de Marsoulas aux temples hindous, des processions bouddhistes de l’Himalaya aux cérémonies andines ou maories, les conques musicales témoignent d’une étonnante continuité dans l’histoire culturelle de l’humanité. Cet objet naturel, à la fois fragile et puissant, a été universellement reconnu comme porteur de voix divine, de souffle vital et de pouvoir sonore. 

La conque paléolithique de Marsoulas, datée d’environ 18 000 ans, révèle que dès la préhistoire les sociétés humaines savaient transformer la matière marine en instrument rituel. Par la suite, dans de multiples aires culturelles, les conques sont devenues emblèmes religieux, attributs divins, outils de communication ou encore instruments de guerre. Elles symbolisent l’alliance entre l’homme et la mer, entre le souffle vital et la résonance cosmique. 

Ces traditions montrent une convergence culturelle remarquable : malgré les distances géographiques et temporelles, les civilisations ont développé des usages similaires fondés sur la puissance acoustique et symbolique des coquillages. Étudier ces instruments, c’est donc mieux comprendre les mécanismes de créativité, de transmission et de sacralisation qui jalonnent l’histoire humaine. 

La recherche contemporaine, alliant archéologie, musicologie et sciences acoustiques, ouvre de nouvelles perspectives. Les reproductions expérimentales, l’analyse des contextes rituels et l’étude comparée des traditions offrent la possibilité de reconstituer un pan essentiel de la mémoire sonore de l’humanité. La conque, qu’elle résonne dans une grotte préhistorique ou dans un temple vivant, continue de rappeler que le son est l’un des vecteurs universels de lien entre l’homme, la nature et le sacré. 

M.G. Fournier 

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